Avril

Pluie de printemps
le vent égraine ma stèle
mon épitaphe s’efface
une lettre à la fois

J’ai le talent froid
aux commissures de l’existence
la main noueuse
et la mine grise

Au contre-jour des quadrilles
Tu m’amènes danser
sur des câbles enflammés
Je danse macabre
au travers mes peaux trouées
Je danse gitan
dans les oracles incertains
Je danse pierre muette
frileux de me broyer mes os

Le vent tombe
tout comme moi,
je dégonfle, trébuche, m’écrase,
petits cristaux et fragments de présence

Pourrais-je être recueilli
⁃ pigments et couleurs
reparaître demain
dans un stylo bic
traçant les courbes libres
d’une eulogie renouvelée ?

L’oiseau gît
à quoi bon le réveiller …

#NaPoMo 1/30

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