Demain… compost
y a toujours un céleri mou
ou un oignon vieillissant
dans l’fond du fridge
si c’n’est l’paquet
d’ fèves jaune
qui s’embarbe
drôle de poils blanc
spores contaminants
dans son coin
la coriandre flétrit
des os de poulet s’chicanent
avec un reste des pâtes molles
ça finit jamais en « touski »
ni en soupe
j’dépense pour rien
j’achète pis j’attends
j’regarde la verdure
pis le temps qui passe
jamais d’vaisselle su’ l’comptoir
j’ne cuisine juste pas
j’me ronge les ongles
j’mange des chips
ou j’commande du « préfab »
en pleurant les cartons
qui partent au recyclage
j’aime trop les arbres
pour aimer les boîtes
tous ces emballages
de fibres, de papiers
qui s’empile dans l’transport
pour m’amener un p’tit brocoli
qui repart en camion
quelques semaines plus tard
après un tour dans le bac brun
vers une destination inconnue
et qu’on retrouve en terre noire
au printemps
ça fait plaisir aux pouces verts
eux… savent quoi en faire
au moins il reste ça
me dire que tout s’transforme
j’vais d’ce pas à l’épicerie
chaque fois
j’espère ce p’tit plus vers ma santé
pourquoi pas bébé bok choï
ou courge spaghetti?
Mais j’vais encore capoter!
Sur la surenchère, sur l’inflation, sur la f*#!ing pile de boîtes aplatis dont tu peux pas t’servir pour ramener tes courses, sur le fait de manger de l’avocat et des oranges dans un pays de patates et de bleuets, sur la distance parcourue par tout ça, sur le capitalisme, mais encore plus sur la vitesse où tout se perd dans mon frigo parce que je fais rien avec…
j’suis l’incohérence sur deux pattes,
l’imparfait apprenti
qui observe et qui paresse
Aidez-moi quelqu’un!