Insomnie

La densité restreint le relâchement. Les papillons sont de plomb. De partout cette impression que nos corps se trompent, fondus en une lave complexe, impossible à distinguer, indivisible. Un bambou pousse. Le jardin se resserre. La rivière déborde. Courants contraires. Jamais autant enceint d’une même personne. La terre chante. L’écho. Résonance magnétique. Je cherche l’issue. Exploration intime. Où suis-je? Toi, la vie. Moi, la prison. L’iceberg casse. Le vent souffle. Ahuri, je reste immobile, incapable de retrouver le sommeil.

Demain chantera l’hymne à l’amour. Assis sur un bloc, sifflet en main, je regarderai passer le train. Mon ventre encore. Hara perdu. Diffusion. Distractions. Je ferme les yeux. Un trône. Consolidation du royaume. Princes et crapauds dans ma cour. Bouquets de rose. L’espace explose. Gibraltar criais-je, qui a paumé ton œil ? Ne vois-tu pas la lueur du matin ? Serais-tu désormais aveugle ? … Toute rébellion sera mâtée.

Je suis l’hôte, la terre brûlée. Racines profondes. Épais entrelacs. Monde poreux. Monde à deux. Tic tac. Flottement. Tic tac. Glissement. Tic tac. Morcellement. Quand tout aura refroidi, réussirais-je à me dissocier ? Une étoile s’étire. Mes pouces grattent le verre. L’aube pointe. Deux titans se dévorent. Guerre de dieux affamés. Le soleil, enfin. Mais toujours cette sensation, vive, de n’y rien comprendre.

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