La fibre tendue
j’t mords au cou
bien de travers
une bouchée double
une croquée
qu’y’en finit plus
mes dents s’allongent,
je salive
mon désir
voudrait s’abreuver
toute une saison
et celle d’après
jamais t’lâcher
te transporter
avec moi dans mon étang
t’faire visiter
tous mes courants
j’te mords aux côtes
la pomme d’Adam
gonflé à bloc
j’te plante les crocs
dans ton cuir fin
requin blanc
affamé
délectables
coups d’estoc
dont tu raffoles
tu en r’demandes
encore
oui encore
tu t’offres ensuite
à la sauvagerie
des heures folles
et au folklore
des corps brisés
par le sacrifice
de ta peau
galvanisé
par l’assaut
tu frétilles
te tortilles
t’égosilles
tu réponds
réplique
replonge
sous l’emprise
de l’empereur
carnassier
avant de fondre
une fois de plus
trouble
comme le fond de l’étang
où se dépose
l’abandon
d’un coeur
où se décompose
les restes juteux
d’une joute
rituelle
de l’envie à la mort