Nuit pourpre.
le ventre plein, la chouette ulule
se fige, se fixe, et puis s’efface
son battement d’ailes ravive le vent
qui caresse
mollement
les lourdes pales
de mon coeur éolienne
un quart de tour
tout au plus
aura suffit
pour déclancher
la mécanique du verrou
subtile course
des engrenages
à contresens
de la raison
cliquetis et chuintement
désengagement
du loquet
permettant
au vent
au renouveau
de s’engouffrer
dangeureusement
sur la ligne dynamo
la roue tourne / génératrice / autosuffisante
cliquetis et bruissement
tous les murs tombent
les murs, les arbres, les hémisphères
nord et sud se fondent
astres et mers répondent
tout éclate
généreusement
cet amour
crée
l’espace
l’espace
me danse, m’éveille, m’approuve
et je crée à dessein
les créatures mythiques
qui me collent au corps
qui inspirent
la floraison
en toute la saison
ma tête assommée
reconnaît le battement d’ailes initiateur
observe
sans phare
le vol léger
de l’oiseau
de nuit
captif de ses propres
envies
délicatement
le piège
entre ses doigts
l’installe sur un rocher
l’attache
ailes déployés
attaque
bec, pique, combat
autel sacré
où il se défend
jusqu’à sortir
lui aussi
de son carcan
et dans l’espace
sans histoire
se connectent
la fureur
et l’innocence
d’où jaillissent
les pigments créateurs
une danse intérieure
solitaire
risquée
d’où écloront
trois nouveaux rois
prêt à servir
l’homme et sa bête
Nuit bleue
autre coup de vent
demi-tour cette fois
rabattre l’immense
se refermer
loin de la nature
dissocier
souffle et senti
blues du réveil
l’uniforme et le commun
siffleront
demain
et l’oiseau insouciant
enlacera mon rêve
sur son perchoir
de bois
bien à l’abri
de mes tempêtes
et des éclats
de soleil