Chaleur

J’ai chaud dans l’échine
je perds les eaux
je jute, je gicle
je coule à flot
mon vagin craque
mes yeux gémissent
j’me retiens plus
tu fais le poids
tu m’enfles
me boursoufle de par en en-dedans
j’me liquéfie
le feu m’écrase
j’veux ta crasse
ta grossièreté
je veux ta queue
sans ménagement
je veux manger gruger grogner
je veux le retour
du raz de marée
je veux le sauvage
la brute
le sans peur
qui ne s’agenouille devant personne
prends moi debout
pour pas que je m’écroule
par derrière en conquérant
par envie et enragée

je m’agenouille
je te donne ma peau
brûlante, sifflante, bouillante
je suis ta bougie ton jouet ta volonté
rameute les chiens
servez-vous
lichez mordez
prenez tout
ne laissez rien
sinon les traces
de ce passage
et quelques gouttes odorantes
à offrir
aux dieux jaloux
ils devront me reconstruire
me remodeler
me façonner
un atome
à la fois

j’ai si chaud dans l’échine

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